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comté de Bigorre


ducs de Gascogne et d'Aquitaine

 maison de Foix y Foix-Béarn        maison de Foix-Grailly-Béarn

vicomté de Nebouzan

vicomté de Marsan 

vicomté de Tursan

vicomté de Gabardan


le département Hautes-Pyrénées
incorpore l'ancien comté de Bigorre

Bigorre au XVIIème siécle

 

territoires sous l'autorité de Catherine I de Navarre
1470-1483-1517

 

 

La Bigorre est un ancien comté pyrénéen situé à l’emplacement actuel du département des Hautes-Pyrénées. Il possède en outre la vallée d’Aran, qui permet la traversée de la chaîne montagneuse. On assimile improprement la Bigorre (en gascon Bigorra) au département des Hautes-Pyrénées alors que celle-ci ne représente que 70% de son territoire soit une vaste partie Ouest du territoire. Ses frontières sont définies à l'époque de Charlemagne. Elle est alors un comté constitutif du duché de Gascogne. La Bigorre s'étend à partir de la partie centrale de la chaîne des Pyrénées et au Nord dans l'axe des cours supérieurs du Gave de Pau et de l'Adour. C'est une région montagneuse ayant pour frontière l'Espagne et dont le plus haut point culmine au pic du Vignemale à 3.298 mètres.

 

Hautes Pyrénées

 

Le comté primitif naît au début du Xe siècle, sur les base du diocèse de l’antiquité tardive, qui conserve encore peut-être une double capitale, Tarbes et Bigorre-Saint-Lézer, un castrum du bas-empire qui a selon certaines sources a abrité l’évêché de Bigorre carolingien.

On peut tracer une carte grossière du comté de Bigorre au XIe siècle. Au sud, les Pyrénées forment une frontière peu franchissable entre l’Aragon et le Lavedan, vicomté entièrement “ montagnarde ”. A l’ouest, le comté est limitée par le plateau de Ger et le Montanérès, qui est détaché de la Bigorre au profit du vicomte de Béarn dès 1097. Au nord, la Rivère-Basse est bordée par le Béarn et le comté d’Armagnac, qui se disputeront cette vicomté au XIIIe siècle. A l’est, la Bigorre est limitée par le comté de Pardiac, le comté d’Astarac et le comté de Magnoac, qui s’étend jusqu’au plateau de Lannemezan, par la vicomté de La Barthe, les vallées non bigourdanes de la Neste et d’Aure (comté d’Aure), et enfin par le Nébouzan commingeois. En 1429 encore ce schéma n’a pas été bouleversé, sauf quelques seigneuries mouvantes en Nébouzan.



musée du jardin Massey
Tarbes

Au nord, la Bigorre “ historique ” est limitée par la petite ville de Maubourguet, qui sert de frontière avec la Rivière-Basse.
A l’ouest la frontière est plus sinueuse, elle court le long de plusieurs entités féodales différentes. Au niveau du Nébouzan la frontière est plus floue, et varie selon les censiers et les périodes. Au sud la limite est plus facile à délimiter avec le Lavedan, la Bigorre comprend la vallée de Campan, la région de Lourdes, et l’abbaye de Saint Pé de Bigorre (sur le gave de Pau) sert de borne sud-ouest. A l’ouest enfin la limite médiévale a été conservée dans l’actuel département, y compris Tarasteix, prétendue souveraineté au XVIIIe siècle, mais attestée dans le comté de Bigorre au moyen-âge. La Bigorre ainsi définie “ historiquement ” reste un ensemble géographique et géomorphologique complexe.

Selon Pline, la Bigorre doit son nom au peuple antique des Bigorrais, Bigerri ou Bigerrones qui, à l'époque de la conquête romaine, habitait Tarbes et sa région. Ce peuple avait alors un château-fort désigné sous l'appellation de Bigorre ("Turba ubi castrum Bigorre") par les notices de l'empire. Les Bigorrais font partie de l'un de ces peuples d'Aquitaine qui ont été soumis par Crassus, lieutenant de César. Les Romains tirent un grand profit des sources minérales qu'ils rencontrent en abondance et des eaux thermales qu'ils appréciaient particulièrement ; Bagnères-de-Bigorre dont le nom romain était "vicus aquensis".

mairie de Tarbes

De la fin de l'Empire romain à 1171, aucun document ni aucun vestige n'apporte d'indications sur l'histoire locale. Néanmois, certains historiens considèrent la Bigorre le territoire de naissance du premier roi de Navarre, Iñigo Arista au XVIII-IX siècle. Le passage de la ville romaine à la ville médiévale a été reconstitué à partir de données obtenues par des fouilles archéologiques. La cité romaine aurait été détruite par un tremblement de terre. Elle a ensuite été temporairement abandonnée, vraisemblablement à cause de l'épidémie de peste qui a ravagé la région autour des années 580. L'un des rares vestiges de cette époque est un autel votif qui orne aujourd'hui l'escalier des Grands Thermes et sur lequel on peut lire : « A la personne divine d'Auguste, Secundus, fils de Sembedo, a élevé cet autel au nom des habitants du Bourg des Eaux et au sien propre ». C'est de cette dédicace qu'on a déduit que Bagnères se nommait à cette époque Vicus Aquensis (Ville des Eaux). Une devise qui pourrait être une mauvaise interprétation puisque certains historiens prêtent aussi à Bagnères le fameux nom d'Aquae Convenarum (la ville des Eaux de Convènes).

 

église Sainte Thérese
Tarbes

Les Romains font place aux Wisigoths, venus d'Italie, qui ne restent que seulement durant un siècle, et sont refoulés en Espagne à la bataille de Vouillé en 507.

Au début du IX ème siècle, le comté de Bigorre est constitué par le duc de Gascogne, Loup Centulle, pour son fils, Donat Loup (+ v. 820) qui épouse Faquilène laquelle est supposée lui avoir apportée la plus grande partie de ses terres. Les comtes de Bigorre, issus des ducs de Gascogne, voient leur comté rapidement fractionné sur les marges en vicomtés. A l’exception de la vicomté de Lavedan, les autres vicomtés finissent par quitter l’orbite du comté de Bigorre.

basilique de Lourdes

Cependant cette principauté est amoindrie par les générosités de ses premiers comtes : le comté de Bigorre qui revient à Raymond Dat (+ v. 947) passe successivement au XI dans la maison de Foix puis dans celle du Béarn, de Marsan au XII ème siècle, du Comminges et de Montfort au XIII ème siècle. La situation féodale du comté de Bigorre n'est pas claire : initialement, fief du duché de Gascogne, sa suzeraineté est ensuite passée au duché d'Aquitaine, puis au royaume d'Angleterre. Mais en 1062, le comte Bernard II de Bigorre, à l'occasion d'un pèlerinage au Puy-en-Velay, avait placé la Bigorre sous la protection de Notre-Dame du Puy, acte qui avait ensuite été considéré comme une reconnaissance de vassalité. En 1194, le roi Alphonse II d'Aragon, en obligeant Bernard IV à abdiquer et en mariant l'héritière à Gaston VI de Béarn, s'était comporté en suzerain et en avait reçu l'hommage, alors qu'il n'était réellement suzerain que du val d'Arran.

Plus tard, Simon IV de Montfort fait annuler le mariage de Nuno Sanchez avec la comtesse Pétronille pour la donner en mariage à son fils Guy. A partir de ce moment-là va s'en suivre une crise de succession dont Pétronille de Comminges, héritière de la Bigorre par sa mère, en est le principal acteur.

Pétronille de Comminges, mariée à Guy de Montfort, frère de Simon de Montfort, comte de Leicester, qui prétend à l'héritage de son frère Guy et à qui Pétronille a confié la garde de la Bigorre pendant la minorité de son petit-fils Esquivat. La maison de Montfort se divise donc à la mort de Pétronille entre les partisans d'Esquivat, et ceux du roi de Navarre Thibaut II, comte de Champagne (1238-1253-1279). Après six ans de combats, la révolte de Simon de Montfort est écrasée en 1265 à la bataille d’Eversham. Simon est tué et le roi d’Angleterre confisque tous ses biens, y compris ses prétentions sur la Bigorre. Mais Simon VI, fils de Simon V, a survécu à la bataille et décide de partir en Italie pour obtenir un fief. Pour financer une armée, il vend tous ses droits sur la Bigorre à Thibaut II, roi de Navarre et comte de Champagne. Thibaut, voyant que le principal soutien d’Eschivat est son oncle Gaston VII, tente de dissoudre l’alliance entre la Bigorre et le Béarn en négociant le mariage entre son frère Henri "le gros" (1244-1270-1274) et Constance de Moncade, fille de Gaston VII et de Mathe. Mais le roi d’Angleterre, inquiet d’une alliance pyrénéenne, s’oppose à ce mariage. Thibaut cherche ensuite à créer des troubles en Bigorre, et une guerre civile ravage le comté (1266), mais se termine à l'avantage d’Eschivat. Thibault se lance alors dans un procès qui durera près d'un demi siècle, pour savoir qui est le suzerain légitime de la Bigorre.

Esquivat l'emporte, mais à sa mort en 1283 le roi d'Angleterre assume la garde du comté en tant que suzerain. La sœur d'Esquivat, Loré, mariée à Raymond VI de Turenne, fait alors un procès dont le principal résultat est que le roi de France Philippe IV "le Bel" séquestre le comté et l'attribue en 1302 à sa femme, la reine Jeanne de Navarre (1273-1274-1305), fille de Henri ("le gros") de Navarre Champagne. Jeanne donne la Bigorre à son troisième fils, le futur Charles IV "le Bel" (1294-1322-1328), roi de France et de Navarre, qui l'unit au domaine royal à son avènement en 1322.

Pendant la guerre des Armagnacs et des Bourguignons, le comte Bernard VII d’Armagnac tente de profiter d’une période où il est au pouvoir (vers 1415) pour se faire attribuer la Bigorre, mais la tentative n’aboutit pas. En 1421, Jean Ier, comte de Foix et vicomte de Béarn, obtient le comté en échange de son ralliement au dauphin Charles, mais la cession n’est effective qu’en 1425. Le Béarn, Foix et la Bigorre passent par héritage à la maison d’Albret, puis à Henri III de Navarre, qui devient roi de France en 1589 (sous le nom d’Henri IV) et rattache la Bigorre au domaine royal en 1607.

Donnée un temps au comte d'Armagnac Jean 1er, la Bigorre est cédée par le roi de France à Edouard III par le traité de Brétigny le 8 mai 1360. Charles V, roi de France, le leur reprend en 1370. C'est en 1425 que la Bigorre passe définitivement au comte de Foix, Jean II d'Armagnac.

château d'Odos
lieu ou est morte la reine Marguerite de Navarre
21 decembre 1549

 

A partir de 1569 la Bigorre devient le champ de bataille des guerres que se livrent catholiques et protestants aux frontières du Béarn. De très nombreux villages sont pillés et brûlés.

La fin du siècle et le début du siècle suivant voient un lent redressement, avec des troubles encore nombreux : par exemple les Etats de Bigorre doivent faire démolir le château de Rabastens en 1594 pour éviter qu’il serve de repaire de routiers, et on trouve la trace de “ soldats ” irréguliers dans le monastères voisin de Saint Lézer, déserté par les moines, jusque dans les années 1620. La prospérité ne revient qu’à partir du milieu de ce siècle, avec la sécurité. Les villes et les villages se repeuplent, et progressivement les murailles – sources d’impôts et de problèmes - sont abattues, les fossés comblés : en bref, l’habitat commence à prendre sa physionomie actuelle.

Ses vallées :
Elle est souvent dépeinte par un ensemble de mutiples vallées. Au centre, la vallée de Campan avec ses vallées attenantes, soit la vallée de Payolle, de Gripp et de Lesponne, viennent en prolongement de la vallée de L'Adour s'étendant plus au Nord. Cette dernière parcourt la Bigorre d'Aire-sur-Adour en passant par Tarbes et Bagnères-de-Bigorre. Plus à l'est, au sud du plateau de Lannemezan et sur les piémonts encadrant Bagnères-de-Bigorre, le relief des Baronnies vient s'intercaler entre la vallée de l'Adour et celle de la Neste à laquelle vient d'adjoindre les vallées d'Aure, de Barousse et de Magnoac. L'ensemble de ces quatre vallées jouissent d'une certaine indépendance jusqu'au XVIII ème siècle. Au sud-Ouest de ce territoire, on trouve la réserve du Néouvielle et le massif du même nom. Plus à l'ouest encore, s'établit la vallée du Gave de Pau avec en son sein Lourdes et en amont de celle-ci le Lavedan.

Les principales villes :
La principale ville et capitale historique est Tarbes. La ville mariale, la plus célèbre du monde est Lourdes. Puis viennent les villes connues pour leur thermes et casinos comme Bagnères-de-Bigorre, Argelès-Gazost.